Avec les champignons ...

Les Egyptiens commencèrent à pratiquer la teinture à base de minéraux (malachite)
vers l’an 4000 av. J.-C. Les teintures à base de végétaux ou de matières organiques (murex)
datent de plus de 3500 ans. De nos jours, les artistes et les artisans des textiles sont les seuls
à utiliser encore les teintures végétales, pour les nuances uniques
et les gammes de couleurs infinies qu'elles permettent. 

Tout récemment, on a découvert que l’on obtenait des couleurs plus belles et plus résistantes que celles de toutes
les teintures naturelles connues jusqu’ici, que l’on extrait de certaines espèces de champignons... En effet,
ils ont une forte teneur en produits colorants qui se prêtent admirablement à la teinture des textiles. Ce sont des espèces
très communes dans les forêts européennes, du nord de la Scandinavie au midi de la France, il suffit de les ramasser,
et les coloris obtenus à partir de ces champignons sont de bien meilleure qualité que la grande majorité des couleurs
provenant de matières premières naturelles connues jusqu’à présent. Les premiers essais systématiques de teinture
à base de champignons ont eu lieu en France, au début des années 1940. Pendant la seconde guerre mondiale,
les Français teignirent de la laine d’un beau violet chaud avec le 
« hapalopilus nidulans », et de la laine vert-jaune
avec le
« paxille noir-tomenteux ». Mais ces recherches nées de la pénurie de colorants synthétiques due à la guerre,
furent abandonnées après 1945, dès que les conditions de vie redevinrent normales.
Pendant l’hiver 1971-72, Miriam Rice, une artiste américaine des textiles qui cherchait des plantes
colorantes pour ses laines dans la forêt californienne de Mendocino, eut l’idée de ramasser un panier
d’
« hypholomes fasciculés ». Les résultats des essais de teinture furent des plus concluants. Ayant obtenu
de magnifiques teintes jaunes, elle décida de poursuivre ses expériences avec d’autres espèces
de cryptogames. Ces recherches étaient très sérieuses et pendant les deux années qui suivirent,
elle développa sa technique et sa connaissance des champignons, en faisant appel à ses amis
et à de nombreux experts. Après avoir réussi à obtenir 164 coloris différents, dont le noir, le bleu clair
et le bleu foncé, elle écrivit en 1974 un livre intitulé :
« Let’s try mushrooms for color »
(Essais de teinture
à base de champignons), premier ouvrage publié sur ce sujet.
Le second :
« Mushrooms for color » édité en 1980 a été traduit en français.

hypoloma 
fasciculare

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Les champignons…
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