Chefs- d'oeuvre de tricot
Pour devenir maître, l’artisan tricoteur réalisait un travail typique de son art - ou chef-d’œuvre -,
qu’il soumettait à l'appréciation de la corporation. Entre la fin du XVIe S. et la fin XVIIIe S., de nombreux
tapis, chandails de soie ou gants liturgiques furent ainsi tricotés avec un soin particulier. Les
« tapis »
les plus anciens, provenant de Silésie et d’Alsace, datent des années 1660 et 1670; on en a également
retrouvé dans d’autres régions du centre de l’Europe, là où préexistait une tradition de tricot. 
Ces pièces ont probablement été réalisées en guise de tentures murales, couvre-lits ou même tapis de sol.
Leurs mailles sont difficiles à discerner lorsqu’elles sont transformées par le foulage
(traitement des lainages pour resserrer et emmêler les fibres, leur donner du moelleux et de l’épaisseur.), puis par la tonte.
Les décors sont souvent copiés sur des répertoires de broderie ou des tableaux. Souvent de style baroque :
fleurs stylisées ou animaux regardant vers l’arrière; armoiries, thèmes bibliques, textes et signatures
complètent le décor.
La corporation imposait les dimensions, matériaux, traitements et délais : 2 à 3 mois pour la fabrication
d’une pièce : les tricots mesurant 3m x 2m pour les plus grands et 1,5 m x 1,5 m pour les plus petits, le travail
était titanesque. Ces œuvres étaient commandées par des nobles, des ecclésiastiques, des bourgeois aisés.
Rudolph II
(1576-1612), roi de Bohème, commanda de nombreuses tentures tricotées. Il créa à Prague
en 1580, un « Cabinet de raretés ».
Au musée de Colmar sur un de ces tapis tricoté, apparaissent
les
armes des Bourbons et le chiffre de l’année 1764 avec l’inscription LOUIS XV ROY DE FR.

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