La garance ... fin
En Hollande, cette plante fut cultivée pour une exportation massive. A partir du XVIe S. 
elle fut concurrencée par la cochenille et le bois de Brésil. Malgré les nuances plus vives
de la première et la très forte teneur en colorant du second, la teinture à la garance résista.
En 1757, l’Angleterre et la France, premières nations européennes dans le domaine textile,
importèrent de la garance hollandaise pour respectivement 30 000 et 50 000 livres sterling.
Cependant, dès 1790, la France subvenait à ses besoins et exportait même une partie de sa production,
les environs d’
Avignon, de Montpellier et l’Alsace dans une moindre mesure, s’étant révélés propices
à cette culture. A la fin du XIXe S. la garance fut évincée du marché et la production mondiale
d’environ 70 000 tonnes, pratiquement annihilée. Aujourd’hui, presque plus employée dans
la fabrication des colorants textiles, cette plante est toujours utilisée dans la préparation
des peintures à l’huile et à l’eau destinées aux artistes.

Associée à un mordant, (principalement l’alun) la substance se fixe solidement sur une étoffe.
Sur les textiles médiévaux et les anciennes étoffes imprimées, traités au mordant 
d’alun, la garance prenait une teinte solide et mate de rouge lie-de-vin tournant 
parfois au brun. En revanche, une technique de teinture plus compliquée, à base 
d’acides gras, d’aluminium, et de chaux, permettait d’obtenir une nuance vive 
et pure, très solide, appelée rouge turc ou indien. 

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