Le Mérinos
Le type le plus complet est représenté par le Mérinos de Rambouillet, descendant
des Mérinos espagnols introduits en France en 1776 par Turgot. Un troupeau de 500 têtes
fut créé à la ferme de Rambouillet qui dès 1787 put en livrer 160 par an. En 1795 le traité
de Bâle, (traité de paix signé avec l'Espagne) obligea l'Espagne à fournir 1000 béliers
et 4000 brebis. C’est un animal  robuste, ayant la tête forte, de grandes cornes spiralées
chez le bélier; des lèvres épaisses, des membres forts, la croupe ample, le ventre modérément arrondi.
Sa toison le recouvre tout entier, sauf l’extrémité de la tête et des membres; courte, tassée, grasse,
très fine, la laine du Rambouillet est douce, élastique, résistante. 
En sélectionnant le Rambouillet, on a obtenu les Mérinos précoces, au squelette plus léger, la tête plus fine, la peau non plissée, et se développant plus vite.
Tels sont les Mérinos de la Brie, du Soissonnais,  de la Beauce, de la Champagne,
de la Bourgogne. Ceux du Roussillon, des Corbières, et le petit Mérinos rustique
et transhumant qui va, selon la saison, de la Provence aux Alpes : le Mérinos
de la Crau. L’Allemagne a développé le mouton à laine fine, avec le Mérinos 
de Saxe et le Mérinos Negretti. L’Autriche et la Hongrie ont introduit 
les Mérinos allemands, puis de Rambouillet, dont on retrouve les caractères dans
les moutons hongrois actuellement élevés pour  la laine. La Russie, pour créer
un mouton à laine fine, a croisé le Rambouillet avec les races indigènes.

Hors d’Europe, l’extension du Mérinos
est un des phénomènes économiques
les plus remarquables de la vie rurale
des 2 siècles précédents. Elle débute au Cap
de Bonne-Espérance en 1725, et en 1950
l’Afrique du Sud compte 40 millions
de moutons, en majorité Mérinos.
En I 800, l’Australie en possédait 6000;
elle en avait 123 millions en I893;

54 millions en 1903, après une terrible
sécheresse; l’effectif en 1950 est :
110 millions, 132 en 1978.
En Argentine, le Mérinos arrive
vers 1828, avec les Mérinos de Saxe,
puis les Rambouillet qui finissent par dominer.
De 2 millions de têtes en 1850,
le troupeau passe à 106 millions vers 1898,
pour se maintenir en 1950 à  60 millions.

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