La teinture ... 3
Pline l’Ancien (23 à 79 après J.C.), parle longuement des couleurs dans son Historia naturalis.
Connaissant les teintures utilisées au début de l’ère chrétienne il décrit un procédé particulier
aux teinturiers égyptiens : 
« En Egypte, les teinturiers teignent les tissus d’une manière étrange ;
ils lavent d’abord les tissus, puis ils les trempent, non dans de la teinture mais dans des substances 
qui attirent les couleurs. D’abord, ces substances restent invisibles, mais lorsque les tissus ainsi traités
sont plongés dans le bain de teinture, ils sont teints en peu de temps. Bien que la cuve ne contienne
qu’une seule couleur, on obtient comme par miracle des couleurs différentes selon la nature
des substances préalablement utilisées, et ces couleurs résistent au lavage.»
La méthode que décrit
Pline présente donc un double avantage : d’abord, ces
« substances qui attirent les couleurs » connues
aujourd’hui sous le nom de «mordants» permettent d’obtenir différentes nuances à partir d’un seul
colorant; ensuite, elles assurent la solidité des couleurs, c’est-à-dire leur résistance à la lumière
et au lavage. Des ateliers de teinturiers, de l’époque romaine, ont été retrouvés à Pompéi
(ensevelie
par les cendres et laves du Vésuve en 79). Les fresques murales racontent que les étoffes étaient lavées
et foulées dans de grandes cuves superposées pour que l’eau se déverse en cascades.
2000 ans plus tard, les mêmes recettes sont toujours appliquées.

L'expérience des teinturiers de l’Antiquité se perdit quelque peu au cours des bouleversements
produits par les invasions barbares. Byzance est le seul endroit où elle fut conservée
dans son intégralité et transmise à la postérité.
En Europe occidentale, une renaissance de l’art de la teinture eut lieu au VIe S., au moment
où commença à se développer l’industrie de la soie …

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